Oui, une salariée peut bénéficier d’un arrêt maladie pendant la grossesse en plus du congé maternité : si un médecin constate une complication liée ou non à la grossesse, il peut prescrire un arrêt qui, dans le cas d’une pathologie liée à la grossesse, prolonge le congé maternité dans les limites prévues par la loi. Les règles de rémunération et les démarches administratives diffèrent selon que l’arrêt est lié à la grossesse ou non.
Sommaire
Quand parle-t-on de congé pathologique pendant la grossesse ?
Le congé pathologique concerne les situations où l’état de santé de la mère ou du foetus impose un repos supplémentaire en dehors du congé maternité classique. Il peut être prescrit avant ou après l’accouchement lorsque des complications (par exemple risque d’accouchement prématuré, hypertension, diabète gestationnel, grossesse multiple) nécessitent une interruption d’activité. La loi prévoit un allongement du congé maternité par la durée de cet état pathologique, dans la limite de 2 semaines avant la date présumée d’accouchement et de 4 semaines après.
Quelles différences entre arrêt maladie ordinaire et arrêt pour grossesse pathologique ?
Un arrêt pour une pathologie non liée à la grossesse suit le régime classique des arrêts maladie : règles de carence, calcul des indemnités et obligations de l’employeur identiques à celles d’un arrêt standard. En cas d’arrêt lié à la grossesse, la sécurité sociale et l’employeur prennent en compte le motif spécifique pour adapter la durée du repos et le classement dans les procédures internes, et la salariée bénéficie d’une protection renforcée contre le licenciement sur la base de son état de santé.
Quel salaire et quelles indemnités pendant un arrêt lié à la grossesse ?

Conditions d’ouverture des indemnités journalières
L’arrêt ouvre droit aux indemnités journalières de la Sécurité sociale sous réserve de conditions d’affiliation et d’activité antérieure (affiliation suffisante avant la date prévue d’accouchement, heures travaillées ou cotisations sur la période requise). Les indemnités sont versées selon les règles habituelles d’indemnisation maladie, avec des particularités en postnatal lorsque l’état pathologique a prolongé le congé maternité.
Influence des accords collectifs
Un accord de branche ou une convention collective peut prévoir un maintien total ou partiel du salaire pendant le congé maternité ou le congé pathologique. Il est fréquent que certaines conventions améliorent les garanties de salaire par rapport aux IJSS. En revanche, la subrogation et la modalité de versement diffèrent selon l’entreprise et les accords internes.
Quelles démarches réaliser pour un arrêt maladie pendant la grossesse ?
Le point de départ est médical : consulter le médecin traitant ou le gynécologue qui apprécie la situation et délivre un certificat d’arrêt si nécessaire. Ensuite il faut informer l’employeur et transmettre les documents à la caisse d’Assurance Maladie. L’employeur doit fournir une attestation de salaire à la CPAM pour le calcul des droits.

- Consulter le professionnel de santé et obtenir le certificat médical.
- Envoyer les volets requis à la CPAM et remettre la copie à l’employeur.
- Vérifier que l’employeur a transmis l’attestation de salaire à la CPAM.
- Conserver des copies et rester disponible pour les éventuelles visites de contrôle aux heures indiquées par la caisse.
Quelles obligations et protections pour l’employeur et la salariée ?
L’employeur doit respecter l’arrêt et ne peut pas licencier une salariée en raison de son état de santé lié à la grossesse. Il a aussi l’obligation d’évaluer et d’adapter si possible le poste de travail pour réduire les risques. La salariée, de son côté, doit respecter les horaires de disponibilité pour contrôles médicaux à domicile et transmettre rapidement les justificatifs à la CPAM et à l’employeur pour éviter des ruptures de versement.
Quelles alternatives à l’arrêt maladie existe-t-il en entreprise ?
Plutôt que d’opter immédiatement pour un arrêt, il est souvent plus adapté d’explorer des solutions qui permettent de maintenir l’activité sans mettre en danger la santé :
- aménagement du poste (réduction des tâches pénibles, ergonomie, pauses supplémentaires),
- transfert temporaire vers un poste sans risque,
- modulation du temps de travail ou télétravail si la nature du poste le permet,
- recours au congé pathologique anticipé si la poursuite du travail est incompatible avec l’état de santé.
Erreurs fréquentes et conseils pratiques
Beaucoup de salariées pensent à tort que l’arrêt lié à la grossesse garantit automatiquement le maintien intégral du salaire; ce n’est vrai que si la convention collective ou l’employeur le prévoit. Autre erreur : attendre pour déclarer l’arrêt à la CPAM ; tout retard peut entraîner un retard d’indemnisation. Côté employeur, négliger l’évaluation des risques professionnels et l’adaptation du poste est une faute courante qui coûte en absences prolongées. Gardez des traces écrites de chaque étape et vérifiez que l’attestation de salaire a bien été envoyée à la CPAM.
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Elisabeth Lemoine est une rédactrice chevronnée en gestion d’entreprise, spécialisée dans les problématiques liées à l’assurance et à la finance pour les professionnels.
