La Cavec est la caisse qui gère la retraite complémentaire et la prévoyance des experts‑comptables et des commissaires aux comptes, l’affiliation y est obligatoire quel que soit le statut. Elle fonctionne avec un régime de retraite de base commun aux professions libérales et un régime complémentaire organisé par classes ; en 2026 la Cavec compte neuf classes et la valeur du point complémentaire est fixée à 1,3850 €.
Sommaire
À quoi sert la Cavec pour un expert‑comptable ?
La Cavec assure deux fonctions centrales pour la protection sociale des professionnels de la comptabilité : la constitution de droits à la retraite (base et complémentaire) et le versement de prestations en cas d’incapacité, d’invalidité ou de décès. Pour un libéral, ces mécanismes remplacent en grande partie les garanties dont bénéficient les salariés et s’appuient sur des règles spécifiques à la profession.
Qui cotise et comment sont calculées les cotisations ?
Tous les experts‑comptables et commissaires aux comptes cotisent à la Cavec, qu’ils soient libéraux ou salariés, mais la nature des cotisations diffère selon le statut. Les libéraux (TNS) financent la retraite de base, la retraite complémentaire et la prévoyance ; les salariés cotisent principalement pour la retraite complémentaire via la Cavec tandis que leur base et leur prévoyance relèvent du régime général.

Le système des classes expliqué
La particularité majeure de la Cavec tient à son système de classes de cotisation pour la retraite complémentaire et la prévoyance : chaque classe correspond à un niveau de cotisation forfaitaire et à une allocation de points. En 2026, la grille comprend neuf classes, avec une classe I destinée aux revenus très élevés (assiette sociale supérieure à 181 208 €). La valeur du point complémentaire est revalorisée chaque année, permettant de convertir les points acquis en pension.
Pièges fréquents dans le calcul des cotisations
Plusieurs erreurs se répètent dans la profession : ne pas corriger un revenu estimé trop bas ou trop haut entraînant des régularisations lourdes, ignorer la possibilité de changer de classe lorsque les revenus évoluent, et confondre les droits ouverts au titre de la retraite de base et ceux de la complémentaire. Vérifier ses appels de cotisations et ses relevés de points évite des surprises au moment de liquider sa retraite.
Retraite : quand partir et quelles stratégies ?
Le droit à pension combine deux règles distinctes. Le régime de base suit les règles générales des professions libérales : le taux plein automatique est obtenu à 67 ans (ou plus tôt si vous avez acquis le nombre de trimestres requis). Pour la retraite complémentaire Cavec, le taux plein est atteint à 65 ans, indépendamment du nombre de trimestres. Cela crée des choix stratégiques de calendrier à anticiper selon vos objectifs financiers et la santé du cabinet.

Plusieurs options méritent d’être évaluées : la retraite progressive pour réduire l’activité tout en percevant une partie de la pension, le cumul emploi‑retraite sous conditions, ou le report d’entrée en pension pour majorer la pension. Chacune influe différemment sur la retraite de base et la complémentaire, d’où l’intérêt de simuler plusieurs scénarios plusieurs années à l’avance.
La prévoyance : ce que la Cavec couvre — et ce qu’elle ne couvre pas
La Cavec verse des indemnités journalières en cas d’arrêt maladie, des pensions d’invalidité et un capital décès assorti de rentes enfant. Le montant et la durée dépendent de la classe choisie : une classe supérieure donne droit à des prestations plus élevées. Toutefois, ces garanties peuvent ne pas compenser totalement une perte de revenu prolongée, en particulier pendant les périodes de carence ou pour des charges fixes élevées.
Beaucoup de professionnels complètent donc la couverture Cavec par une assurance privée pour réduire le risque financier lié à un arrêt long ou à une incapacité partielle. Avant de souscrire, comparez les délais de carence, les franchises, le niveau d’indemnisation et la compatibilité avec les prestations Cavec.
Checklist pratique pour gérer vos droits Cavec
- Contrôlez annuellement votre relevé de carrière et vos points complémentaires
- Signalez toute variation significative de revenus pour limiter les régularisations
- Réexaminez votre classement de cotisation après une hausse ou baisse durable de revenus
- Évaluez une complémentaire prévoyance si vos charges fixes sont sensibles aux arrêts
FAQ
Qui doit obligatoirement cotiser à la Cavec ?
Tous les experts‑comptables et commissaires aux comptes affiliés exerçant en France doivent cotiser à la Cavec, quel que soit leur statut juridique ; la nature des cotisations varie selon que vous êtes travailleur non salarié ou salarié.
À quel âge obtient‑on le taux plein de la retraite complémentaire Cavec ?
La retraite complémentaire gérée par la Cavec donne droit au taux plein à 65 ans, indépendamment du nombre de trimestres acquis au régime de base.
Que faire si vos revenus professionnels changent fortement en cours d’année ?
Informez la Cavec rapidement et mettez à jour vos estimations pour éviter une régularisation importante l’année suivante ; selon la situation, il peut être pertinent de changer de classe ou d’ajuster vos acomptes pour lisser l’impact sur la trésorerie.
Articles similaires
- Travailler à la retraite : découvrez trois dispositifs à connaître absolument
- Combien d’années de mariage faut-il pour obtenir la pension de réversion ?
- Pension de réversion en cas de remariage : qui peut encore la toucher ?
- Arrêt de travail en profession libérale 2026 : droits et démarches
- BNC non professionnels — cotisations, retraite et déclaration

Elisabeth Lemoine est une rédactrice chevronnée en gestion d’entreprise, spécialisée dans les problématiques liées à l’assurance et à la finance pour les professionnels.
