Oui, un prêt sur 25 ans peut être pertinent pour financer un investissement locatif : il réduit les mensualités et facilite la mise en location sans mobiliser tout votre épargne, mais il alourdit le coût total du crédit et nécessite une attention particulière sur la rentabilité et l’assurance. La durée maximale courante est de 25 ans (avec une possible extension à 27 ans en cas de différé lié à la livraison ou à des travaux).
Sommaire
Pourquoi choisir 25 ans plutôt que 15 ou 20 ans
La logique est simple : étaler le capital sur 25 ans diminue sensiblement la mensualité, ce qui améliore votre trésorerie mensuelle et augmente la probabilité que les loyers couvrent une part importante du remboursement. Ce montage rend accessible des biens plus chers ou mieux situés sans accroître immédiatement votre effort d’épargne.

Cependant, repousser la fin du remboursement augmente le montant total des intérêts et prolonge l’exposition aux frais d’assurance. Sur le long terme, la différence de coût entre 20 et 25 ans peut être importante même si l’allègement mensuel paraît modeste.
Quel est le cadre réglementaire et les taux pratiqués ?
Depuis la recommandation du HCSF applicable au 1er janvier 2022, les banques ont pour règle de ne pas dépasser 25 ans pour la majorité des prêts immobiliers ; un différé exceptionnel peut porter la durée totale à 27 ans dans certains cas (VEFA, travaux significatifs). En septembre 2026, les baromètres rapportaient des taux moyens sur 25 ans situés autour de 3,45 % à 3,60 % hors assurance.
Comment les banques évaluent-elles votre capacité d’emprunt ?

Quel calcul pour le 35 % ?
Les banques regardent d’abord votre taux d’endettement : la totalité de vos mensualités (crédits immo, conso, assurances) ne doit pas dépasser 35 % de vos revenus nets mensuels, assurance emprunteur comprise. Pour les revenus locatifs, la plupart des établissements ne comptent pas 100 % des loyers : ils appliquent une décote (souvent 30 %) pour couvrir vacance et charges, et intègrent 70 % du loyer brut dans le calcul des revenus.
Au-delà du ratio, la banque inspecte le reste à vivre, la stabilité des revenus (CDI, fonction publique ou bilans comptables pour indépendants), et l’historique bancaire.
Avantages réels et limites à garder en tête
Avantages : meilleure trésorerie mensuelle, possibilité d’un effet de levier plus important (emprunter davantage pour un même effort mensuel), et adaptation au fait que l’investisseur s’appuie sur des revenus locatifs. Limites : coût global supérieur, durée d’exposition plus longue à l’assurance emprunteur, et risque que la rentabilité locative ne couvre pas le surcoût des intérêts si le rendement est faible.
Autre nuance importante : bien que les intérêts d’emprunt soient déductibles en régime réel, cette déductibilité ne compense pas automatiquement le surcoût d’un allongement significatif de la durée.
Erreurs fréquentes à éviter
- Calculer la faisabilité en comptant 100 % des loyers sans appliquer la décote pratiquée par les banques.
- Ignorer l’impact de l’assurance emprunteur sur le coût total et ne pas comparer les délégations d’assurance.
- Ne pas prévoir de réserve pour travaux, vacances locatives ou impayés et utiliser toute l’épargne pour l’apport.
- Se baser sur une seule offre bancaire au lieu de faire jouer la concurrence.
Comment améliorer vos chances d’obtenir un prêt sur 25 ans
Soignez votre dossier : fournis des comparatifs de loyers locaux, un budget prévisionnel complet (taxe foncière, charges, provisions travaux), et des relevés bancaires montrant une gestion saine. Si vous êtes indépendant, préparez vos bilans des trois dernières années pour prouver la stabilité des revenus.
Négociez le TAEG et l’assurance emprunteur : la loi permet dorénavant la délégation d’assurance, ce qui peut réduire sensiblement le coût. Faites réaliser au moins trois simulations auprès d’établissements différents, et pensez à un courtier si votre profil est atypique ou proche du seuil d’endettement.
Quelles alternatives au prêt 25 ans considérer ?
Selon votre objectif, une durée plus courte peut être préférable : vous paierez moins d’intérêts et retrouverez plus vite de la capacité d’emprunt pour un second achat. Augmenter l’apport réduit aussi la mensualité sans allonger la durée. Pour les cas de travaux, un différé d’amortissement peut offrir un compromis temporaire en ne remboursant que les intérêts pendant la phase d’inoccupation.
FAQ
Peut-on dépasser 25 ans pour un prêt immobilier en investissement locatif ?
La règle générale impose un plafond de 25 ans, mais un différé lié à la livraison d’un bien ou à des travaux importants peut permettre une durée totale portée à 27 ans dans certains cas.
Comment la banque prend-elle en compte les loyers dans le calcul du taux d’endettement ?
Les loyers prévisionnels sont ajoutés aux autres revenus mais après application d’une décote pour couvrir la vacance et les charges ; la pratique courante est de retenir environ 70 % du loyer brut.
La délégation d’assurance est-elle intéressante pour réduire le coût du crédit ?
Oui, comparer et déléguer l’assurance emprunteur peut faire baisser le TAEG. Vérifiez l’étendue des garanties et les exclusions pour vous assurer qu’elles correspondent à votre situation.
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Elisabeth Lemoine est une rédactrice chevronnée en gestion d’entreprise, spécialisée dans les problématiques liées à l’assurance et à la finance pour les professionnels.
