Le CPF, ou Compte Personnel de Formation, a remplacé le DIF et permet à chaque salarié de capitaliser des droits pour financer des actions de formation choisies par lui. Ces droits sont aujourd’hui exprimés en euros et peuvent être mobilisés selon des règles précises — notamment différentes selon que la formation se déroule pendant ou en dehors du temps de travail.
Sommaire
Pourquoi le CPF a-t-il succédé au DIF et quelle différence concrète pour le salarié
Le Droit Individuel à la Formation (DIF) reposait sur un cumul d’heures (20 heures par an, jusqu’à 120 heures). Le CPF modernise ce système en valorisant les droits en euros, ce qui facilite leur utilisation pour des prestations variées et assure une meilleure portabilité des droits d’un employeur à un autre. Autre évolution notable : le CPF s’adresse plus largement aux actifs et s’avère plus simple à consulter et mobiliser.
Qui est couvert par le CPF et quelles conditions faut-il connaître ?
Le CPF concerne les salariés, mais les conditions d’acquisition des droits varient selon le contrat. Sont notamment évoqués : un salarié en CDI présent au moins une année à temps plein et un salarié en CDD ayant totalisé 4 mois sur les 12 derniers mois. En cas de départ de l’entreprise, les droits acquis restent utilisables par la personne au chômage, sans nouvel abondement automatique.
Quelles formations peuvent être prises en charge par le CPF
Les actions éligibles sont ciblées : obtention d’un diplôme, d’un titre professionnel ou d’une certification, parcours de validation des acquis d’expérience (VAE), bilan de compétences, formations liées à la création ou la reprise d’entreprise, préparation à des missions de bénévolat ou de volontariat, ainsi que certains permis (permis B, C, D). Le CPF ne sert pas à financer une formation prise en charge intégralement par l’employeur.
Demander une formation pendant le temps de travail : démarches et réactions courantes
Délais et formalités
Si vous souhaitez suivre une formation pendant vos heures de travail, vous devez adresser une demande à votre employeur dans les délais prévus, qui varient selon la durée du parcours. L’employeur doit répondre par écrit. Il est fréquent que les salariés négligent ces délais ou oublient d’impliquer le représentant du personnel lorsque cela peut aider la négociation.

Que peut décider l’employeur ?
L’employeur peut refuser une demande de formation pendant le temps de travail ; en revanche il ne peut s’opposer aux formations suivies en dehors du temps de travail. En cas de désaccord persistant, le salarié peut s’appuyer sur le dialogue social (CSE, représentants) pour clarifier la situation.
Financement : qui contribue et comment obtenir un abondement ?
Outre le versement automatique sur le compte du salarié, plusieurs acteurs peuvent cofinancer une formation : l’employeur (par abondement), les OPCO, France Travail, la Région et d’autres organismes. L’abondement de l’employeur reste à sa discrétion ; il peut être proposé en complément des droits CPF, ou le salarié peut se renseigner sur des aides externes si le CPF ne suffit pas.

Conseils pratiques pour bien utiliser son CPF
- Vérifiez régulièrement votre solde et planifiez vos projets de formation en amont des dates clefs de crédit annuel.
- Ne confondez pas DIF et CPF : le terme « DIF » est encore souvent utilisé mais c’est le cadre du CPF qui s’applique aujourd’hui.
- Pour une formation pendant le temps de travail, respectez les délais de demande et formalisez vos échanges par écrit.
- Si le coût dépasse votre solde, sollicitez un abondement auprès de votre employeur ou d’un organisme financeur.
FAQ
Le DIF existe-t-il encore ?
Non, le DIF n’est plus en vigueur depuis la mise en place du CPF en 2015 ; on utilise désormais le Compte Personnel de Formation, même si beaucoup utilisent encore le terme « DIF » par habitude.
L’employeur peut-il empêcher un salarié d’utiliser son CPF en dehors du travail ?
Non, une formation choisie et suivie en dehors du temps de travail ne peut pas être refusée par l’employeur, le refus ne s’appliquant qu’aux formations demandées pendant les heures de travail.
Qui peut financer une formation si le solde CPF est insuffisant ?
Outre l’employeur qui peut effectuer un abondement, des organismes tels que les OPCO, France Travail ou la Région peuvent intervenir ; l’employeur peut aussi orienter vers d’autres dispositifs comme un contrat de professionnalisation selon le contexte.
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Elisabeth Lemoine est une rédactrice chevronnée en gestion d’entreprise, spécialisée dans les problématiques liées à l’assurance et à la finance pour les professionnels.
