Comment passer du leader au leader transformer ?

Bisiau Christel | 15 novembre 2017 |

Les dirigeants réunis au forum de Davos ont réfléchi aux compétences-clés attendues chez les leaders de 2020…autant dire demain !

Si ce terme de “transformer” ne me plaît guère car il me ramène aux films Transformers pour lesquels je n’ai pas d’appétence, j’aime l’idée de la transformation, de l’évolution de l’espèce “leader” qu’il sous-entend.

La compétence centrale est l’intelligence émotionnelle de laquelle émerge 4 compétences-clés: d’un côté les compétences sociales et la conscience sociale, de l’autre la conscience de soi et le self-management.

2 notions fondamentales me semblent nouvelles dans cette réflexion menée à Davos : la reconnaissance de l’indissociabilité de l’homme de son environnement et l’importance de s’éveiller à la conscience de soi. Cela me réjouit de lire que cette conscience émerge enfin au plus haut des strates des dirigeants.

Ces compétences-clés interpellent. Comment maintenant passer de l’intention à la décision et à l’action et ceci chacun à son niveau car au final c’est bien cela qui compte ?

A la découverte de l’intelligence émotionnelle, une intelligence liant les êtres humains les uns aux autres.

L’intelligence émotionnelle est au cœur d’un mouvement de réflexion collective. Nombre d’ouvrages et d’articles fleurissent sur ce sujet depuis quelques années.

C’est la 1ère fois, à ma connaissance, que l’intelligence émotionnelle est mise au cœur des compétences-clés des leaders pour préparer demain. Elle a certes déjà été abordée mais pas à une place aussi centrale.

L’intelligence émotionnelle se décline sur 2 axes majeurs portant chacun 2 compétences-clés :
• le leader en tant que leader : conscience de soi et self management

• le leader en relation avec son environnement : les compétences sociales et la conscience sociale.

Ainsi, le leader doit-il apprendre à gérer une équipe et soi-même…en même temps! Il a à trouver un équilibre émotionnel pour coordonner les deux. Pour bien comprendre l’intelligence émotionnelle, il convient d’intégrer l’importance du contact de l’homme avec son environnement et par voie de conséquence, la responsabilité de ses actions…ou de ses inactions.

Qu’entend-on par compétences sociales ? Il s’agit du développement des autres, d’inclure autrui à son quotidien et à son management. Des talents en relation plus qu’en simple communication sont attendus, notamment pour la gestion des tensions, la création de liens, l’organisation du travail d’équipe et de la collaboration des équipiers entre eux. Chaque personne est importante dans une organisation, chacun a sa place et il est nécessaire que le leader lie les personnes entre elles pour qu’une véritable cohésion se créée et qu’un travail se réalise au mieux.

L’homme indissociable de son environnement

L’être humain n’existe que dans son interaction permanente avec son environnement. Qu’est-ce que cela signifie ? Nous nous construisons dans notre rapport à l’autre. Notre façon d’être au monde, nos sources de motivations comme nos freins, notre manière de penser, de regarder le monde et d’agir sont directement liées à notre environnement, qu’il soit familial, social, culturel, religieux ou autre. Tout cela participe de la constitution de notre cadre de référence qui détermine notre vision du monde.

Les compétences sociales et la conscience sociale à développer pour passer du leader au leader transformer s’inscrivent naturellement dans cette dimension d’indissociabilité et donc d’interactivité permanente. En prendre conscience est fondamental pour trouver les leviers qui permettront d’accompagner les transformations en cours… Chacun à son échelle et à sa mesure ! Cela suppose d’être en capacité d’accompagner les changements, aller même plus loin, être un catalyseur du changement, gérer les tensions associées, créer du lien, faire preuve d’empathie dans la communauté pour renforcer la coopération. Récemment, en conclusion d’un séminaire que j’animais, le dirigeant a exprimé clairement ce que souvent chacun oublie : « si nous plantons ce projet, nous nous plantons TOUS. Si nous le réussissons, nous le réussissons TOUS ». CQFD

C’est là que l’idée fondamentale de s’éveiller à la conscience de soi, de s’inscrire dans un processus d’apprentissage et de développement personnel continu est essentielle. Face aux transformations et aux évolutions rapides, massives de notre environnement, nous sommes conduits à repenser ce qu’est le leader de demain. C’est valable pour le leader, ça l’est pour chacun de nous.

Comment passe-t-il ou elle du modèle porteur de vision à une posture pragmatique, réaliste ? Cela suppose que tout en gardant le cap, il/elle sait comme le marin, modifier sa route pour tenir compte des perturbations météorologiques.

Comment du sachant, d’expert, accepte-t-il/elle de ne pas tout savoir, de remettre en question ses croyances pour être dans un mode d’apprentissage permanent. Et par conséquent faire preuve d’humilité. Plus facile à écrire qu’à faire !
Comment passer du ou de la leader “parfait” qui maîtrise tout au leader qui connaît ses forces, ses faiblesses et sait alors s’entourer avec lucidité ? Comment lâcher notre croyance collective d’un “sauveur charismatique” qui porterait en lui la capacité de résoudre tous les problèmes ? Et passer à un leadership qui s’appuie sur le collectif. Un dirigeant ne réussit jamais seul. Pour cela, il doit avoir résolu ses contradictions intérieures, son rapport au pouvoir en mode “toute puissance/impuissance”, être conscient de ses croyances, de son cadre de référence qui peut l’inciter à faire toujours plus de la même chose. S’éveiller à la conscience de soi c’est faire le choix de la puissance…par une qualité de présence à ce qui est.

Ainsi dans mon acception du terme éveiller la conscience de soi, je mets la capacité de la personne à être en contact avec ce qu’elle ressent, de ne pas juger ni ses ressentis, ni ses pensées. C’est sa faculté de lire le réel, dépollué des croyances, des introjections, des jugements et a priori. La conscience de soi prend appui sur la capacité à conjuguer les polarités opposées par une appréciation holistique de ce qui se passe en soi et à l’extérieur de soi, mettre du “ET” plutôt que du “ou” exclusif d’une partie qui est là…mais que je ne veux pas voir. S’éveiller à la conscience de soi, c’est aussi nourrir l’estime que l’on a pour soi, être confiant en ses compétences, être le plus souvent possible assertif.

Un exemple simple. Une personne vous dit “moi je suis quelqu’un de gentil et qui respecte les autres”. Soit vous prenez cela pour argent comptant, soit vous la questionnez sur la polarité opposée, sa partie “méchante et irrespectueuse” qu’elle n’a pas envie de voir, qu’elle voit souvent mieux chez les autres, phénomène projectif classique et qu’elle n’assume pas parce qu’elle a jugé et nié cette partie vivante en elle. En prenant conscience de cela elle peut se réconcilier avec cette partie d’elle-même reniée. Cela la rend plus complète, plus au fait de ses ressources et de l’énergie en présence qui l’anime, plus responsable de ses actions.

Quel boulot ! Oui ! C’est le travail d’une vie que de bien se connaître, laisser se déployer l’être singulier et unique que vous êtes, retrouver l’estime de soi faible ou perdue dans l’enfance, la confiance en soi, le contact avec ses émotions, savoir prendre appui sur elles plutôt que d’être agit par elles, savoir s’affirmer sans écraser l’autre. C’est aussi un choix engageant.

Pour un leader, c’est à la fois un investissement et une responsabilité…La boucle est ainsi bouclée avec l’impact de qui il est et de ses actions sur l’environnement.

Alors comment passer des belles intentions posées au forum de Davos à l’action au quotidien ? Parce qu’enfoncer des portes ouvertes, c’est facile ! Le grand YAKAFOKON à la manœuvre.

Commençons plutôt par le colibri que nous sommes chacun (métaphore qu’emploie Pierre Rabhi pour illustrer la responsabilité que chacun de nous à dans ce qui se passe dans le monde).

Prendre conscience de cela, en se l’appropriant à sa mesure, avec le désir de développer le plus souvent possible ces 4 dimensions de l’intelligence émotionnelle, faire de son mieux avec courage, ténacité car cela demande du temps et donc de la patience.

La Gestalt en organisation est une approche puissante et pertinente pour le leader qui aspire à se découvrir, donner le meilleur de lui dans un environnement mouvant, pour l’accompagnement de la croissance d’une manière générale, que ce soit avec un coaching individuel ou un coaching d’équipe. Cette approche humaniste s’appuie sur 2 piliers : l’indissociabilité de l’homme et de son environnement ET l’éveil à la conscience de soi. Comment ? en intégrant une posture qui développe la présence à ce qui est, qui porte une attention aux processus relationnels à l’œuvre, réhabilite les émotions au cœur de l’action.

Ce que j’ai vu des réflexions à Davos me conforte dans l’idée que cette manière d’aborder le monde portée par la Gestalt est en marche et est particulièrement adaptée aux transformations à l’œuvre et à venir.

Conscience de Soi et Conscience de l’Autre


Voilà le/la leader transformer de 2020. Un homme, une femme, lucides, conscients que la clé de leur sécurité intérieure, de leur capacité à affronter le monde réside dans la qualité de leurs relations de soi à soi et de soi à l’autre. Quelle aventure !! Je vous invite à y goûter.





Article rédigé par Christel BISIAU.
Consultez son profil Linkedin

16 janvier 2018

Micro-entrepreneur et travailleur indépendant : quelles différences ?

Lorsque l’on souhaite se mettre à son compte, la question du statut à choisir se pose rapidement.
Auto-entrepreneur, micro-entreprise, travailleur indépendant, freelance, etc….. difficile de...

Captain Contrat
Nuage de mots
19 décembre 2017

Freelance : 3 raisons de créer un site internet efficace

L’activité commerciale de freelance repose, pour l’essentiel, sur l’animation d’un réseau de proximité et sur le bouche à oreille. L’irruption des plateformes d’intermédiation facilitent la mise...

François Mathieu
29 novembre 2017

Comment devenir travailleur indépendant avec le statut freelance ?



Devenir freelance est un rêve pour beaucoup d’entrepreneurs et de salariés qui y...

De Braquilanges Malo
Vous êtes
une entreprise ?
Recrutez des indépendants
Vous êtes
un indépendant ?
Trouvez de nouveaux clients